Sénégal : mauvaises routes, barrières tarifaires, tracasseries...

Sénégal : mauvaises routes, barrières tarifaires, tracasseries...

La mauvaise qualité des infrastructures routières, les barrières tarifaires, les tracasseries ou lourdeurs administratives entravent les exportations sénégalaises en Afrique de l’Ouest.

Ce constat a été fait, la semaine dernière, par des acteurs du secteur privé et public sénégalais au cours d’un atelier sur "les entraves et la promotion des exportations du Sénégal vers l’ Afrique de l’Ouest".

"Sans transport, il n’y a pas d’échanges commerciaux, mieux, la compétitivité d’un produit sur le marché dépend essentiellement d’ une maîtrise de la chaîne logistique du transport (..)", explique le président de la commission douane et facilitation des échanges (Cdfe), Madior Bouna Niang.

Selon lui, le gouvernement du Sénégal se doit "obligatoirement" de relever les défis relatifs à la qualité des infrastructures routières et ferroviaires, au renouvellement du parc de véhicules lourds de transport de marchandises et à la comp étitivité du Port autonome de Dakar.

D’après une évaluation du commerce transfrontalier, le Sénégal a gagné en termes de procédure et de délai mais pas en termes de coût, indique le président de la Cdfe.

Le Sénégal rencontre d’énormes difficultés sur ses échanges au sein de la région Afrique, signalent les acteurs. C’est le cas par exemple "du problème récurrent des barrières tarifaires et des obstacles techniques au commerce, sources de contentieux commerciaux dans la sous région", indique M. Niang.

Les statistiques des échanges extérieurs du Sénégal pour l’anné e 2009 montrent que le Sénégal reste confronté à des contraintes structurelles qui affectent sa capacité d’exportation estimée à 890,7 milliards de Fcfa en 2009 contre 893 milliards de Fcfa en 2008.

Ces exportations sénégalaises tournent selon les mêmes statistiques, autour de produits de mer, de produit pétroliers- acide phosphorique, engrais, coton, produit arachidier et ciment.

Concernant les tracasseries routières, les acteurs espèrent l’éradication de ces pratiques avec la mise en place de l’ observatoire des pratiques anormales (Opa).

Selon le ministère Sénégalais du commerce, le corridor Bamako- Dakar figure parmi les plus denses en terme de moyen de contrôle par voyage avec "31,46 arrêts par voyage, soit un ratio de 2,13 arrêts aux 100 km. Ces moyennes étaient respectivement de 30,63 % et 2,68 % pour le 1er trimestre de 2010".

Pour pallier ces manquements, l’entreprise sénégalaise demande "des infrastructures de transports adéquates, des formalités et procédures à l’exportation allégées, ainsi qu’une gestion de proximité", affirme le secrétaire général du Conseil national du patronat (Cnp), Hamidou Diop.

D’après le patronat Sénégalais, ces entraves entrainent la baisse des exportations régionales en 2009 par rapport à 2008 de 13% vers les pays de l’Uemoa et de 9,6% vers la zone Cedeao et la Mauritanie. Mais aussi la forte concentration des exportations ré gionales vers un seul pays : le Mali avec 48% des exportations en valeur.

Il urge pour le Sénégal d’avoir une stratégie de développement de ses exportations régionale, estime M. Diop. Parce que, dit-il, "il n’est pas concevable au regard de la qualité et de la compé titivité de nos produits que nous soyons quasi absents dans cinq pays : Iles du Cap-Vert (seulement 2,2 milliards Fcfa d’ exportation), Ghana (3,6 milliards Fcfa), Sierra Leone (3,9 milliards Fcfa), Libéria (4,3 milliards Fcfa), Niger (4,7 milliards Fcfa)".

Selon M. Diop, à l’exception de la Côte d’Ivoire avec 26,8 milliards Fcfa d’exportation, le positionnement à l’export du Séné gal est essentiellement concentré vers les pays limitrophes (Guiné e Bissau, Mauritanie, Guinée, Gambie et Mali).

Pourtant les chefs d’Etat d’Afrique de l’Ouest se sont fixés comme objectif la réalisation d’un marché commun à travers les traités de la Cedeao (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’ouest, regroupant 15 pays) et de L’Uemoa (Union économique et monétaire oust-africaine, huit pays).

Malgré ce cadre juridique, plusieurs entraves à la libéralisation des échanges existent encore.

 

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