Logistique: L’Etat veut aller vite

Logistique: L’Etat veut aller vite

Un chantier titanesque dont le Maroc ne pouvait faire l’économie. La stratégie logistique ambitionne d’organiser un secteur grevé par les intermédiaires et les surcoûts. Et comme se plaît à le dire Karim Ghellab, ministre du Transport et de l’Equipement, «si on arrive à vendre l’image que le Maroc a la même performance logistique que Singapour alors c’est le jackpot». Invité au Club de L’Economiste, le ministre istiqlalien s’est plié au jeu des questions-réponses. Pour lui, l’expropriation des terrains nécessaires aux 32 zones logistiques prévues dans 10 villes d’ici 2015 ne sera pas systématique. «Nous allons mobiliser essentiellement les terrains de l’Etat. Pour une autoroute, l’utilité publique est avérée. Ce qui n’est pas le cas pour un terrain qui sera cédé au privé», poursuit Ghellab. Dans cette stratégie où 60 milliards de dirhams seront investis d’ici 2015, les tâches seront partagées entre l’Etat et le secteur privé. Le premier a la charge de mobiliser du terrain et d’assurer les connexions aux infrastructures routières et ferroviaires. Ce qui nécessitera 20 milliards de dirhams en aménagement et en coût de fonctionnement de l’Agence marocaine de développement logistique. Le second devra investir notamment dans les aires de stockage, la formation, les moyens de transport, etc. Le secteur privé est appelé à créer des champions nationaux dans cette activité ou le gouvernement à chercher à s’appuyer sur toutes les composantes. Le ministre écarte aussi toute idée de favoriser un mode de transport par rapport à l’autre.

«Nous mettons à dispositions le transport ferroviaire et routier, et que le meilleur gagne», soutient Ghellab pour lequel le transport par camion connaîtra un développement important. Dans cette stratégie, une attention particulière est accordée aux ressources humaines. Ce qui permettra d’accompagner le développement du secteur et de renforcer sa capacité d’attraction des investissements.
A côté de la logistique, Ghellab s’est également attardé sur le code de la route dont l’entrée en vigueur est programmée pour octobre prochain. Une des nouveautés de ce texte est la responsabilisation des élus locaux. Ainsi, dans le cas d’un accident mortel dont la cause serait liée à un problème d’infrastructure, la responsabilité des gestionnaires et même de la tutelle pourrait être engagée. Des commissions d’enquêtes seront ainsi instituées. Le département de l’Equipement s’active aussi à la préparation des textes d’application. Des actions de sensibilisation sont également au menu et des études sur la mise à niveau de la voirie urbaine et plus particulièrement la signalisation de sécurité sont en cours.

19 filières de formation

DANS sa démarche, le ministère de l’Equipement et les opérateurs ont identifié les besoins en formation du secteur. Au total, 19 filières sont nécessaires: 2 pour les managers, 3 pour les ingénieurs, 8 pour les techniciens spécialisés et 6 pour les opérateurs spécialisés. Certaines seront réalisées par le secteur public via l’OFPPT, l’ISTA et les ENCG par exemple et d’autres par le privé. Il est ainsi question de former 61.600 personnes à l’horizon 2015. Un plan qui démarrera dès la rentrée 2011, le temps que tout le dispositif soit mis en place.

Source : L'économiste

 

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