Logistique: Comment le Maroc va réorganiser ses flux de marchandises

Logistique: Comment le Maroc va réorganiser ses flux de marchandises

Aucune migration forcée vers les petits tonnages

Foncier: 90% déjà acquis pour la plateforme de Zenata

500 millions de DH pour la connexion routière au port de Casablanca

Pas question de perdre du temps. La stratégie de la compétitivité logistique démarre parallèlement à la poursuite des discussions avec les opérateurs. Le contrat-programme signé devant le Souverain mardi 20 avril prévoit l’élaboration de contrat d’application pour le développement des zones logistiques au niveau régional ainsi que des contrats transversaux et sectoriels. Ceux-ci concernent la formation, la mise à niveau du transport routier de marchandises ainsi que l’amélioration de la compétitivité logistique des principaux flux: hydrocarbures, produits agricoles, distribution, matériaux de construction et import/export. «Nous avons étudié tous les flux et la manière de les gérer. L’on peut par exemple agir sur les points d’entrée, le transport et sur les capacités de stockage», explique Karim Ghellab, ministre de l’Equipement et du Transport. Le développement de capacités de stockage est stratégique puisqu’il assure une sécurité de l’approvisionnement en produits sensibles par exemple.
La nouvelle stratégie permettra via l’organisation du transport et des flux de marchandises autour de plateformes logistiques directement connectées aux ports, et aux infrastructures autoroutières et ferroviaires une régulation du transport de marchandises par camion. La congestion dans les centres-villes diminuera puisque les flux urbains seront limités aux camions de petits et moyens tonnages. Ce qui fait d’ailleurs du transport routier un axe important. Il aura donc droit à un contrat-programme. Ce document quasi-bouclé sera signé durant les prochains mois. Il permettra ainsi d’achever la mise à niveau opérée avec la libéralisation de ce secteur et qui a permis à près de 25.000 camions de basculer de l’informel. «Nous avons inclus tous les transports de marchandises, soit ceux qui sont organisés et ceux qui ne le sont pas. Notre objectif est de tirer davantage cette activité vers le haut», poursuit le ministre de l’Equipement.
Pour cela une série de mesures d’accompagnements sont prévues : formation, pour les chauffeurs, une révision des critères d’accès à la profession en exigeant par exemple davantage de moyens financiers, des moyens de maintenances, etc. Un système de classification et de labellisation du transport de marchandises assorti d’un certain nombre d’incitations pour les transporteurs structurés et également envisagés. Quant au dispositif mis en place pour le renouvellement du parc, il sera maintenu. «C’est une mesure qui prend doucement mais elle marche. L’action par exemple sur les remorques centenaires fonctionne bien», assure le ministre qui écarte toute idée de migration forcée des transporteurs vers des camions à petit tonnage. «Le transport par grand camion est nécessaire et sera important. De plus, le contrat-programme prévoit des incitations pour passer d’un système désorganisé à un système organisé», soutient Ghellab.
Dans le court terme, entre 2010 et 2011 il est question de lancer la plateforme de Zenata. Située sur la plus grande zone logistique du Maroc, la zone logistique de Zenata s’étalera sur une superficie de 323 ha. Elle est destinée à abriter trois types de plateformes dédiées aux flux conteneurs, céréales et aux services de distribution et de sous-traitance logistique. Aujourd’hui, 90% du foncier est mobilisé par la CDG et une convention sera bientôt signée avec l’ANP (Agence nationale des ports). Les études d’aménagement et de connexion au port seront aussi lancées puisqu’une connexion routière et ferroviaire dédiée y est prévue. Ce qui permettra la fluidification et la massification des flux de marchandises du port vers la plateforme conteneurs.
A elle seule, la connexion routière coûtera 550 millions de dirhams et sera d’une longueur de 17 km dont 3,6 km sous forme d’une digue longeant le littoral sur le domaine maritime, du port à Aïn Sebaâ. A Casablanca, huit zones doivent en principe abriter les futures plateformes logistiques. Elles s’étaleront sur une superficie de 978 ha dont 607 ha en 2015 et seront connectées aux réseaux de transports autoroutier, ferroviaire, aéroportuaire et portuaire.

Vingtaine de valeurs

Agenda chargé sur la période 2010-2011 durant laquelle plusieurs projets doivent être bouclés. C’est le cas de la création de l’Agence marocaine de développement de la logistique dont le texte est au Parlement. Une fois le projet de loi adopté, toue l’équipe de cette agence devra être mise en place. Par la suite, il faudra s’atteler à la création de l’observatoire de la logistique en partenariat avec l’Etat et la CGEM. L’objectif selon Ghellab est de mettre en place une procédure conjointe et transparente. Cet observatoire est ainsi appelé à mesurer les coûts logistiques et les délais par nature de trafic, soit une vingtaine de valeurs de manière périodique.

Source: L'économiste

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