Code de la route: Les maires ne jouent pas le jeu

Code de la route: Les maires ne jouent pas le jeu

Un des gros chantiers sur lesquels Karim Ghellab, ministre du Transport et de l’Equipement, se penche actuellement est certainement celui du code de la route. C’est la première fois que le Maroc dispose d’un texte complet, régissant les règles de circulation routière. Il était temps, surtout que l’ancien code de la route remontait à 1953. Le nouveau texte, qui a été publié au Bulletin officiel, entrera en vigueur le 1er octobre. Son principal objectif est de réduire la sinistralité sur les routes marocaines. «Nous avons un réel problème de sensibilisation des maires à la gestion de la circulation routière en ville», déclare Ghellab. Désormais, la prévention routière sera conçue dans un esprit de partenariat avec les collectivités locales et les régions. Des études ont été lancées par le Centre marocain de prévention des accidents de la circulation (CMPAC) pour identifier les points noirs au niveau de Casablanca et Fès. D’autres sont en cours à Oujda et à Rabat.»
L’objectif de ce travail est d’examiner la problématique des accidents dans les régions et de déterminer les ouvrages d’amélioration à mettre en œuvre. En clair, la tutelle veut aboutir à une prise en charge plus active de la gestion de la circulation par les maires. Mais ces derniers sont-ils disposés à jouer le jeu? Rien n’est moins sûr. «Nous avons présenté les résultats de l’étude des points noirs et indiqué à la mairie de Casablanca les différents mesures à prendre, mais les responsables de la ville n’ont pas tenu compte de nos propositions», affirme le ministre. Par ailleurs, toujours sur le plan de la responsabilisation de l’administration, le nouveau code de la route implique également les gestionnaires de la circulation. En clair, les maires auront désormais des comptes à rendre quand il y a mort d’hommes. «Une enquête technique et administrative sera automatiquement déclenchée par une commission pour déterminer les conséquences de l’accident et déterminer les responsabilités», explique le ministre. Les résultats de ces enquêtes seront ensuite transmis au procureur puis à la justice.

La victime ou sa famille et éventuellement le syndicat auquel appartient le chauffeur professionnel seront informés des conclusions de l’enquête. Ainsi, si la cause de l’accident est en rapport avec un défaut d’infrastructure, le procureur qui reçoit le rapport de la commission d’enquête a mandat pour poursuivre au pénal les gestionnaires d’infrastructures. Les collectivités locales seront donc mises devant leurs responsabilités. Mais qu’en est-il quand un accident mortel survient sur une autoroute? Dans ce cas, la tutelle pourrait également être poursuivie.

Source: L'économiste

 

BLOG COMMENTS POWERED BY DISQUS