La vente de Shell Maroc

La vente de Shell Maroc

Logo ShellLe départ de Shell stimule les investissements
Akwa Group écarte un éventuel rachat, Oilibya intéressé

C’est la tendance chez les multinationales. Elles cherchent de plus en plus à se recentrer sur les activités d’exploration et de production délaissant ainsi les activités de distribution, en particulier en Afrique.
Prix souvent contrôlés, marges réduites, durcissement de la réglementation et des caractéristiques des produits pétroliers… autant de facteurs qui motiveraient les réorientations stratégiques des majors.
Au Maroc, après le retrait d’Exxon Mobil au profit d’Oilibya, c’est au tour de Shell d’entamer le processus. Le groupe a annoncé son départ d’une vingtaine de pays africains. Sa stratégie, céder tout son patrimoine en un seul lot. Une opération difficile à réaliser auprès des multinationales américaines ou britanniques, les premières à s’être retirées de l’activité distribution en Afrique et qui pourraient difficilement y revenir. En outre, elle pourrait, selon des opérateurs, stimuler les investissements et la concurrence entre compagnies pétrolières au Maroc.

Mais elle est mal «vécue» par le personnel de Shell au Maroc qui a fixé une liste de revendications (7 mois de salaire par année travaillée comme participation à la plus-value de vente pour tout le personnel de Shell, la préservation des acquis et des avantages, une stabilité de l’emploi de 10 ans chez le nouveau acquéreur, etc.).
Au Maroc, Akwa Group écarte la possibilité d’une reprise des activités de Shell. Tout comme Total, le groupe met en avant la poursuite de la consolidation de ses acquisitions. Il s’agit en particulier de Somepi dont l’achat s’est effectué en 2005. Le groupe est également sur d’autres projets, notamment au niveau du terminal pétrolier de TangerMed. D’une capacité de 518.000 m3, ce terminal est destiné à l’approvisionnement en partie du marché domestique au Nord, le soutage des navires et le trading. Ce terminal, qui constitue l’un des plus grands dépôts d’Afrique et de Méditerranée, a coûté près de 130 millions d’euros. Il démarrera en principe au cours de 2010. Pour sa part, le libyen Oilibya serait, quant à lui, intéressé par la reprise du patrimoine de Shell en Afrique. Il poursuivra ainsi sa stratégie d’investissements massifs au niveau du continent africain. Au Maroc, ceci pourrait se traduire par le triplement de ses parts de marché. Actuellement, il est à 8%, loin derrière Shell et Total Maroc.
Afriquia domine le marché. Durant les trois premiers mois de l’année, il a accaparé 37% de parts de marché, selon les statistiques du Groupement des pétroliers du Maroc (voir infographie). A fin mars, le secteur à vendu 1,362 million de tonnes métriques contre 1,356 million comparativement à la même période en 2009. Les ventes de tous les produits sont en augmentation à l’exception du fuel pour lequel l’Office national de l’électricité (ONE) a réduit la consommation. L’Office ayant eu recours à l’hydraulique.
Le mouvement au niveau de ce marché pourrait accentuer la concurrence déjà rude sur ce secteur. Elle se solderait aussi par de nouveaux investissements. Shell par exemple n’en a pas effectué depuis quelque temps. De plus, face à la rigidité des prix, les entreprises jouent sur d’autres variables pour gagner de nouvelles parts de marché et fidéliser les clients. A côté de cela, les maux du secteur demeurent les même: la contrebande au niveau de l’Oriental où les ventes n’arrivent pas à décoller et le trafic dont les produits pétroliers en provenance des régions sud font l’objet surtout parce qu’ils sont détaxés.

Source: L'économiste

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