Transport/Contrat-programme Pourquoi une feuille de route

Transport/Contrat-programme Pourquoi une feuille de route

Atomicité, informel, vétusté du parc, sous-tarification..., les maux.
Malgré la réforme, le secteur traîne toujours les mêmes boulets.

La mise en œuvre du contrat-programme logistique est tributaire de la signature dans les plus brefs délais d’une feuille de route pour le secteur du transport routier de marchandises. En effet, dans son étude préalable à la stratégie logistique nationale, le cabinet McKinsey avait conclu que les coûts logistiques représentaient 20% du PIB, dont 55% correspondaient au frais de transport. Il s’agit donc du maillon le plus importante de toute la chaîne logistique. En témoigne sa part dans les flux au Maroc (75%). De plus, le transport routier est complémentaire de tous les autres moyens de transport, notamment maritime, qui représente 90% du commerce extérieur. En raison de l’importance du secteur du transport, la tutelle avait mis en œuvre la loi 16-99 sur la réforme du transport et son entrée en application en 2003. Un contrat-programme avait d’ailleurs été signé le 25 mars 2003 par la tutelle et la profession. «Mais c’était uniquement pour permettre l’accompagnement du secteur pendant la période de transition et garantir l’applicabilité de la réforme», explique Abdelilah Hifdi, président de la Fédération du transport. Or, pour ce professionnel, «la période de transition a été un fiasco». En effet, la profession a procédé à l’évaluation de la réforme du transport de marchandises. Le constat est sans appel. Parmi les critiques des opérateurs, «le développement démesuré de l’informel».
Autres éléments relevés par la profession, la persistance de l’atomicité et le caractère archaïque de la gestion des entreprises de transport. En effet, 92% des entreprises possèdent au mieux deux camions et 98% des sociétés sont des entreprises individuelles. De plus, la grande majorité des véhicules utilisés dans le transport routier de marchandises sont vétustes.
L’âge dépasse souvent 13 ans. Par ailleurs, l’informel représente environ 70% du secteur. Ce qui est à l’origine de la pratique quasi généralisé de la sous-tarification. Une situation née d’une longue période caractérisée par la prévalence du système de rente. Par ailleurs, la participation du pavillon routier marocain au transport international reste très faible: moins de 5%. «Cette faiblesse est due au manque de compétitivité des entreprises marocaines du transport international routier par rapport à leurs homologues européennes, qui bénéficient de prix de véhicules moins chers, de la notion de gasoil professionnel…», lit-on dans le rapport d’évaluation de la Fédération. En outre, l’offre pléthorique, caractérisée par une forte proportion de véhicules dédiés au transport pour compte propre constitue une autre faille du secteur, l’avilissement des tarifs, l’opacité des relations entre transporteurs et chargeurs, les insuffisances des contrôles administratifs, techniques et routiers sont autant d’éléments pointés du doigt par les professionnels.

Régulation

Par conséquent, patronat et tutelle ont discuté pendant plusieurs années des mesures nécessaires à la mise à niveau du secteur. Elles constituent l’ossature du contrat-programme, élaboré à presque 80% depuis 2006 et resté en stand-by dans l’attente de la finalisation de la stratégie logistique nationale. Le contrat-programme du transport mettra-t-il fin aux pratiques anachroniques qui sont encore monnaie courante dans le secteur? Seuls un observatoire et une agence nationale pour la régulation du transport intermodal pourraient assurer une meilleure réforme de l’activité.

Source: L'économiste

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