Fès: Les opérateurs réclament un port sec

Fès: Les opérateurs réclament un port sec

Et aussi l’activation du projet d’autoroute Fès-TangerMed
L’intervention des acteurs locaux vivement sollicitée


QUE faut-il pour redynamiser les exportations de la région de Fès-Boulemane? Pour répondre à cette question, la section Jeune entreprise de l’association Fès-Saiss a réuni, mercredi dernier, opérateurs économiques, responsables de la ville, CCIS, Amith et Administration des douanes. «Nous avons créé une plateforme de réflexion pour exprimer les attentes des jeunes entrepreneurs et apporter des éclairages sur des questions d’actualité», indique Laila Bennis, initiatrice de cette rencontre. D’emblée, Saïd Belkhayat, président de la section locale de l’Association marocaine des industries du textile et habillement (Amith-Fès), a fait savoir qu’au niveau local, 7 unités industrielles opérant dans le domaine du textile ont mis la clé sous le paillasson en 2009.
Les raisons: tout simplement la crise touchant les principaux marchés européens et l’incompatibilité face à des concurrents plus féroces à l’instar des tunisiens, des turcs…et aussi des marocains de Tanger. Ces derniers disposent, en effet, de tous les ingrédients du succès: des délais de livraison plus courts, moins de charges, notamment celles relatives au transport, des zones industrielles de nouvelle génération... «Ceux de Fès, pour leur part, supportent tous les coûts du fret à l’import-export. Ce qui leur fait perdre en moyenne 2 à 3 jours pour chaque commande». Pour remédier à cette situation, il est impératif et urgent de créer un port sec à Fès, souligne le président de l’Amith-Fès. Selon lui, cette plateforme intégrée de dédouanement permettra d’effectuer sur place les procédures de dédouanement nécessaires lors des opérations d’import-export. «Ce qui éviterait aussi les problèmes d’embarquement ou de débarquement qui nous font perdre plusieurs jours sur les délais de livraison», explique Belkhayat.
De son côté, Mohamed Ajdaini, chef de la circonscription des douanes de Fès, note que l’aménagement de magasins et aires de dédouanement (Mead) serait d’un grand apport. Notons que la création des Mead s’inscrit dans le cadre de l’adaptation des procédures douanières à l’évolution du commerce mondial, au développement de la logistique des transports internationaux, et la nécessité impérieuse de décongestionner les ports et aéroports pour une meilleure fluidité et célérité dans le processus de dédouanement.
En somme: moderniser les méthodes de travail en offrant aux opérateurs une plateforme de proximité pour leurs opérations de dédouanement. Ces magasins permettent le stockage des marchandises mises en douane en vue de leur dédouanement aussi bien à l’import qu’à l’export.
En tant qu’intervenant indispensable dans la chaîne du commerce extérieur, l’Administration des douanes et impôts indirects a pris des mesures en vue de favoriser et accompagner les entreprises créatrices de richesse et d’emplois, pour se développer, améliorer leur compétitivité et conquérir de nouveaux marchés. A cet égard, et compte tenu du succès réalisé par l’expérience des Mead (il en existe 54 à travers le Maroc), cette administration œuvrera inlassablement à promouvoir les plateformes de dédouanement intégrées et à valeur ajoutée, de concert avec les opérateurs et les professionnels concernés, renchérit Ajdaini. Donc, l’intervention des acteurs locaux pour dénicher le foncier nécessaire pour le développement de cette plateforme est vivement sollicitée.
Le lobbying industriel devrait militer pour que Fès bénéficie également des avantages qu’offrent les zones industrielles de Tanger et Casablanca.
D’autre part, les opérateurs ont souligné que la reprise économique de la ville dépend de l’intérêt qu’elle suscite auprès des entrepreneurs et des investisseurs.
Dans ce sens, l’assainissement du foncier qui nécessite des réformes urgentes, la création de zones offshore et de technopôles, la construction de l’autoroute Fès-TangerMed favoriseraient l’émergence d’une dynamique socioéconomique en adéquation avec les orientations stratégiques.
Certes, ces projets nécessitent une intervention a priori de l’Etat. Bref, les opérateurs demandent, aujourd’hui, des mesures gouvernementales incitatives propres à la région. Lesquelles seront le vecteur fondamental pour la relance socioéconomique regroupant tous les opérateurs publics et privés dans le cadre d’un programme prédéfini assurant une visibilité et une prévisibilité économique, financière et fiscale.

Camion complet

Maroc Modis, l’entreprise suisse spécialisée dans la lingerie féminine, implantée à Fès, a opté pour le fonctionnement par camion complet.
Grâce à cette méthode, la marchandise est vérifiée sur place par les services de la douane et le camion est embarqué immédiatement une fois arrivé au port. Sauf que l’expérience de l’entreprise suisse ne peut séduire les opérateurs de la place qui ont de petites commandes. Aussi, le groupage des exportations de différentes unités dans un seul camion prendrait plus de temps.

Source: L'économiste

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