La logistique en mal de RH

La logistique en mal de RH

Depuis quelques années, le secteur de la logitistique a été remis au goût du jour, sous l'effet notamment de la dynamique du Plan Emergence et de la volonté de faire du Maroc une plateforme logistique modèle sur le continent. Une euphorie accompagnée certes par de grandes réalisations, mais adossée également à une série d'enjeux cruciaux pour la réussite de cette stratégie. Pour l'heure, on parle d'une croissance prévisionnelle de l'ordre de 15% du chiffre d'affaires du secteur de pour cette année. C'est un signe que la crise n'est pas passée par là et que le développement de cette filière est en phase avec les objectifs nationaux. La stratégie intégrée pour le secteur de la logistique, notamment le schéma directeur pour les plates-formes logistiques dans différentes régions du Maroc devra se traduire par la formation et la qualification de 61.000 personnes d’ici 2015 dont 13.000 techniciens et 46.000 opérateurs. C'est là, justement, où le bât blesse. Les professionnels s'accordent en effet à soutenir que les comptétences opérationnelles en logistique sont rares. Que ce soit pour des postes de responsabilité ou dans l'exécutif, les entreprises se heurtent à la difficulté de trouver «des recrues prêtes à aller au front», commente Mohamed Benouda, directeur développement de la SNTL.

À tous les niveaux...
Au niveau des postes de top et moyen management, l’arrivée récente de jeunes diplômés formés dans les grandes écoles étrangères et le retour au pays des cadres ayant une première expérience dans les groupes européens, a plus ou moins servi d'alternative. Pour attirer ces compétences, les entreprises les plus avancées ont dû mettre le paquet. La majorité parmi elles ont fait appel aux services des cabinets internationaux ou encore de chasseurs de têtes. «Actuellement, grâce aux offres (packages) de rémunération intéressantes, les grandes entreprises ont réussi à combler ce besoin», assure Mohamed Benaouda. La crise économique en Europe a également facilité ce type de recrutement et a permis une régularisation à la baisse des offres de rémunération. Le recrutement sur le marché international ne peut présenter une solution long-termiste, notamment du fait de la très forte dynamique du secteur, assure Benaouda. C'est pourquoi, la formation de ressources humaines qualifiées pour servir un marché à croissance exponentielle demeure la seule solution viable.  Des formations sont effectivement dispensées par plusieurs organismes de formation. Or, la majorité de ces cursus s'articulent sous forme de masters, alors que les besoins les plus pressants se trouvent à l'échelle des chefs d'équipe, des ouvriers spécialisés, des manutentionnaires, agents de maîtrise, techniciens d'exploitation...Ce constat fait par les professionnels vient s'ajouter à celui, tout aussi important, de la nécessité pour les formateurs d'intégrer dans leurs programmes la logistique opérationnelle, qu'ils «fassent référence à des cas pratiques, relayés par des stages obligatoires en entreprise», suggère Philipe Pillaud, Associé au sein d'Optima Logistique. En gros, le secteur compte une trentaine de postes dans les différents métiers de l’entrepôt et du transport. Les demandes les plus importantes portent sur le personnel de manutention et de conduite, puis  la maîtrise, pour les chefs de quai, d’expédition, d’exploitation et la direction logistique et de la supply chain.

Quelle qualité de formation ?
Par ailleurs, l'effectif formé est non seulement réduit, au regard des professionnels, mais même la qualité des formations dispensées n'est pas réellement en phase avec les besoins du secteur. Dans le cadre de la promotion du contrat-programme logistique, l’État s’est engagé via l’OFPPT, qui sera désormais le plus grand producteur de ce type de profils, pour le lancement des formations spécialisées dédiées aux métiers du secteur. Dans cette optique, l’OFPPT vient de revoir son projet de développement de la formation dans le secteur. L’Office interviendra ainsi à deux niveaux. D’abord, via l’extension du dispositif actuel. En effet, à partir de l’année dernière, l’offre de formation des 3 établissements dédiés au transport routier à (Tanger, Casablanca et Agadir) s’est élargie aux métiers de la logistique dans l’objectif d’accompagner la mise en œuvre de la stratégie nationale intégrée pour le secteur. S’agissant du deuxième volet, l’Office prévoit la création de 5 nouveaux établissements dédiés aux métiers du transport et de la logistique dans les villes de Casablanca (Zenata), Fès, Tanger TMSA, Taourirt et Marrakech. Ces instituts de formation sectoriels auront pour missions de doter les plates-formes logistiques programmées de ressources humaines qualifiées, d’assurer la formation continue et le perfectionnement au profit des entreprises et des salariés, et d’aider à l’insertion des jeunes grâce à des formations dans des métiers porteurs d’emplois. Au sein de l’OFPPT, on explique que «ces plates-formes constitueront des structures intégrées au service des entreprises des zones de la logistique, en leur offrant des ressources qualifiées selon les normes les plus exigeantes». Elles seront également dotées des équipements adaptés (véhicules, matériel de manutention, ...) et des locaux (ateliers, entrepôts didactiques, salles spécialisées,...), en plus des pistes de manœuvre, de quais de chargement, de pistes de conduite... de plus de ces établissements. L’Office est en phase d’étude d’un projet de création d’un Institut Spécialisé dans les Métiers de l’Aéronautique et de la Logistique Aéroportuaire (ISMALA) dans l’Aéropole de Noaucer à Casablanca qui permettra de former des ressources dédiées à la construction aéronautique et à la maintenance avionique, mais également aux activités logistiques. Concernant, le secteur du Transport Routier, «l’OFPPT a mobilisé les moyens nécessaires en vue d’accompagner sa mise à niveau», ajoutent les responsables de l’établissement public, cela à travers la création d’un CDC Transport et Logistique, la mise en place de la Validation des Acquis, et le lancement de l’accréditation IRU... Cela sera-t-il suffisant?

Les profils demandés

• Directeur d’exploitation. Il supervise et coordonne l’ensemble des personnes chargées de l’organisation des transports. Il veille également à la rentabilité du service exploitation, selon les objectifs définis par la direction générale (commerciaux, qualitatifs) et anime une équipe. Le recrutement de ce type de profil passe par le biais des chasseurs de tête. Ces derniers sont généralement recrutés sur le marché international.
• Responsable logistique. Ses missions sont multiples. D’abord, il gère l’approvisionnement des fournisseurs en matières premières, traite les commandes, assure le stockage et participe au planning de production. S’agissant du niveau d’étude, le responsable logistique doit être titulaire d’un diplôme d’ingénieur, complété par une spécialisation en logistique.
• Responsable d’entrepôt. Il coordonne une équipe. Il sert également de relais entre les clients, les approvisionneurs et les destinataires des marchandises, dont il a la charge, en tenant compte des contraintes de stockage et de déstockage, selon les produits. Il évolue dans la grande distribution, chez les industriels ou chez les prestataires du service logistique aux entreprises. Pour occuper ce poste, le candidat doit avoir un bac +3 ans d’une formation universitaire ou en école privée, section «logistique».
• Magasinier. Il existe plusieurs filières dans le magasinage : distribution des pièces détachées, messagerie, magasin d’entreprise. Quelle que soit la filière, les tâches essentielles du magasinier sont la réception des marchandises, la mise en stock, la préparation des commandes, l’expédition des produits, la gestion informatisée des stocks
et la vente. Son profil : un niveau bac plus une formation de technicien spécialisé à l’OFPPT.

Source: lesechos.ma

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