Stratégie sectorielle logistique plus de deux ans de retards

Stratégie sectorielle logistique plus de deux ans de retards

La première étape du programme des Escales sectorielles de la CGEM (Confédération générale des entreprises du Maroc), qui a eu lieu le 21 février dernier à Casablanca et qui été dédiée au secteur du Transport et de la logistique, aura largement débordé le sujet du jour. Et pour cause : c’était la toute première rencontre officielle organisée entre le nouveau ministre de l’Équipement et du transport, Aziz Rabbah, et le monde des affaires, représenté par la CGEM. L’importance du thème a naturellement conféré à l’événement un intérêt accru, en particulier au niveau des interventions au cours du débat, et spécialement celles du président de la CGEM, Mohamed Horani, du ministre de tutelle et du président de la Fédération du transport (affiliée à la CGEM), Abdelilah Hifdi.

Partant de la réforme du secteur, sur fond de la nouvelle stratégie nationale, le patron des patrons a tenu à contextualiser cette réforme par rapport à la conjoncture internationale difficile marquée par une succession de crises et par rapport à la nouvelle dynamique que connaît le Maroc, notamment sur le plan politique, avec la nouvelle Constitution. Il a également tenu à manifester la pleine disposition de la CGEM à coopérer avec le gouvernement, en adoptant la devise : «Ni confrontation, ni complaisance». Le slogan a été bien apprécié par le ministre qui l’a adopté d’emblée. En fait, le responsable ministériel, dont l’intervention a été suivie avec beaucoup d’attention et bien applaudie, a promis aux opérateurs économiques, d’une manière générale, et aux professionnels du transport et de la logistique, en particulier, d’adopter une approche basée sur le dialogue et la concertation, mais également sur le «changement progressif» pour mener à bien les réformes qui s’imposent.

«Nous sommes déterminés à mener ces réformes coûte que coûte, en raisonnant en long terme, car les gouvernements changent mais le Maroc reste», a-t-il martelé, soulignant que c’est le gouvernement qui prend maintenant l’initiative de demander un dialogue avec ses partenaires. S’agissant de la réforme du transport, le ministre a tenu à préciser que les agréments dans ce secteur, qui sont estimés à 3.600, ne participent pas tous d’une économie de rente, et qu’une partie de ces agréments a joué un rôle social réel. La réforme visera donc surtout les nantis qui profitent illogiquement et illégalement de ces privilèges. Et même pour ceux-ci, précise-t-il, la réforme ne sera pas brutale, mais rationnelle et progressive pour amener ces bénéficiaires en douceur à régulariser leur situation et à s’arrimer à la réforme. Car, une approche brutale traumatisera ces propriétaires d’agréments, surtout ceux parmi eux qui se sont endettés, pénalisera les usagers de ces moyens de transport et l’économie nationale en général.

L’objectif du ministère, à travers cette réforme, est d’arriver à un système de transport compétitif et professionnel, signale-t-il. En ce qui concerne la nouvelle stratégie de la logistique, le ministre a minimisé le retard de sa mise en œuvre, en parlant des réalisations. Il a toutefois souligné que la réussite de cette stratégie est conditionnée par le partenariat public-privé. Pour sa part, Abdelilah Hifdi a axé, en grande partie, son intervention sur les revendications des professionnels à tous les compartiments du secteur du transport et de la logistique. A ce sujet, il a exprimé son inquiétude face au retard enregistré dans la mise en œuvre de la stratégie logistique qui a connu, selon lui, la conclusion d’un seul accord d’application parmi une dizaine d’autres prévus. Il a également exposé les remarques et les attentes des professionnels quant au nouveau Code de la route.

Source: Le matin

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