Facebook critiqué pour son futur centre de stockage

Facebook critiqué pour son futur centre de stockage

Le réseau social a décidé de doubler la taille du gigantesque complexe informatique qu'il construit aux Etats-Unis pour héberger les données de ses 500 millions de membres. Greenpeace lui reproche de ne pas assez se soucier de sa consommation électrique.

Héberger 500 millions de personnes prend de la place. Surtout lorsqu'ils échangent 850 millions de photos et 8 millions de vidéos par mois, et partagent pas moins de 4 milliards d'informations. En janvier, Facebook a débuté la construction d'un gigantesque complexe à Prineville, une ville de l'Oregon, à l'ouest des Etats-Unis, pour stocker et traiter toutes les données de ses membres. Bientôt rempli par plusieurs dizaines de milliers de serveurs informatiques, ce «data center», dont le coût est évalué à 200 millions de dollars (150 millions d'euros), devait s'étendre sur 14.000 m2. Ce week-end, Facebook a annoncé qu'il allait en doubler la taille.

Cette extension avait été envisagée avant même la pose de la première pierre, mais «nous avons décidé de l'activer pour répondre aux besoins de notre activité florissante», explique Tom Furlong, directeur des opérations de Facebook. La première partie de la ferme de serveurs sera mise en service l'année prochaine. La seconde sera prête en 2012. Au total, entre 150 et 200 personnes doivent se relayer chaque jour sur le chantier. D'ici à l'ouverture, Facebook continuera de louer ses capacités de stockage à d'autres sociétés, principalement dans la Silicon Valley. Il aurait déjà accumulé plus de 60.000 serveurs.

Si la construction de Prineville doit lui donner son indépendance, elle ne fait pas que des heureux. Dans un reportage diffusé par Fox News lundi, l'association écologique Greenpeace est repartie à la charge contre ce projet qu'elle juge énergivore. Pour alimenter et refroidir les serveurs, le bâtiment exigera une puissance de 30 mégawatts, ce que demandent 30.000 foyers. Or, le fournisseur local d'énergie local, Pacificorp, a encore des progrès à faire en terme d'énergie verte : 58% de sa production reste issue de centrales thermiques. En s'implantant à Prineville, «Facebook a choisi l'énergie fossile, peu chère, plutôt que l'énergie verte», dénonce Gary Cook, représentant international de Greenpeace.

Un modèle dans le respect de l'environnement, selon Facebook

Depuis janvier, l'association écologique multiplie donc les actions contre le réseau social. Dans un groupe créé sur le site, plus de 270.000 membres lui demandent de passer à l'énergie 100% renouvelable. Fin juillet, alors que Facebook se félicitait d'avoir franchi le cap des 500 millions de membres, Greenpeace l'appelait à se prononcer sur son empreinte écologique. Déjà pris à parti, l'intéressé avait insisté sur son investissement dans une région dévastée par le chômage (35 emplois seront créés). Et soutenu que le choix de l'Oregon, où les nuits sont froides, permettra de réguler naturellement la température du «data center». Selon Facebook, le centre de Prineville figurera comme un modèle dans le respect de l'environnement.

Pour Greenpeace, le combat dépasse de toute façon le seul cas de Facebook, qui montre des efforts en terme d'optimisation des ressources. Apple et Twitter travaillent eux aussi sur l'ouverture de leur centre aux Etats-Unis d'ici à la fin de l'année. Selon les projections de l'association, les fermes de serveurs implantées par les géants d'Internet dans le monde représenteront plus de la moitié de la consommation électrique actuelle des Etats-Unis en 2020, et plus que celles de la France, l'Allemagne, le Canada et le Brésil combinées. Les sociétés n'y sont pas insensibles, car les factures énergétiques sont lourdes. Google, qui aurait dépassé le million de serveurs, s'est lancé depuis 2007 dans un ambitieux programme afin de rendre l'énergie renouvelable moins chère que l'énergie fossile.

Source: Le Figaro

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