Le secteur des transports en Europe : ressorts de croissance et d'innovation

Le secteur des transports en Europe : ressorts de croissance et d'innovation

La place du secteur des transports dans l'Union Européenne, et donc en France, a été l'objet d'une attention particulière ces derniers mois, par exemple du côté du Parlement Européen. Dans une résolution du 6 juillet dernier (« Un avenir durable pour les transports »), les eurodéputés ont demandé une hausse des moyens affectés au transport. Cela tombe à pic alors que s'ouvrent les négociations budgétaires pour la nouvelle programmation financière de l'Union Européenne 2014 – 2020. L'idée qui fait son chemin chez les eurodéputés est la constitution d'un Fonds spécial dédié au transport qui regrouperait les engagements prévus au titre de la politique des transports, de la politique de cohésion, de la recherche,… Evidemment cette piste n'a pas le soutien, pour l'instant, des acteurs de la politique de cohésion qui redoute une sectorialisation des crédits européens…

Mais cette annonce a le mérite d'activer une dynamique intéressante pour les entreprises qui y sont impliquées.

D'abord le secteur des transports occupe une place non négligeable avec 10% du PIB de l'Union ce qui représente environ 10 millions d'emplois. C'est dans ce secteur que l'Europe, et ses différents pays-membres, ont constitué de solides leaders européens, par exemple dans le transport aérien ou même ferroviaire. Les transports en Europe servent aussi de laboratoires « des bonnes pratiques » - grande vitesse ferroviaire, transport urbain, voitures électriques… - pour le reste du monde même si le pays le plus remarquable pour les transports public et ferroviaire reste sans nul doute le Japon. Le dynamisme des programmes de recherche nationaux et européens prédisent de nouvelles innovations intéressantes du côté de l'élimination des temps d'attente et d'interconnections (le concept du « seamless transport » ou transport sans coutures)

Le secteur des transports est surtout au centre d'un enjeu en termes de développement durable et d'évolution du système productif vers une croissance verte. Malgré de réels progrès ces dernières années et une prise de conscience général du secteur, il représentait encore en 2008 27% des émissions totales de CO2 (71% pour le transport routier de marchandises, 15,3% pour le transport maritime et fluvial, 12,5% pour le transport aérien et 1% pour le ferroviaire). Pour tenter de répondre à ces enjeux et à l'objectif de l'Union d'une réduction des émissions de CO2 de 20% d'ici à 2020 (par rapport au niveau de 1990), la voiture électrique s'impose comme un vecteur d'avenir chez les constructeurs européens. Si certaines incertitudes pèsent encore du côté de la demande (prix, autonomie,…), c'est, semble-t-il, du côté d'une définition de nouveaux services pour la voiture en ville (auto-partage, libre-service, flotte d'entreprises ou des collectivités locales, gestion des livraisons en ville,…) que des perspectives sont à imaginer.

Du côté de la sécurité, les constructeurs, les gestionnaires d'infrastructures et les opérateurs ont intégré des innovations et des pratiques pertinentes. Néanmoins ce champ de recherche et d'innovations reste à renforcer, surtout du côté routier : les accidents de la circulation ont causé en Europe 39 000 décès en 2008 et 300 000 blessés graves !

Enfin un pays comme la France, au centre des flux européens Nord-Sud, et à plus long terme des flux vers l'Afrique du Nord, a tout intérêt au renforcement de cette dynamique. Les chercheurs montrent que, si l'on applique les règles européennes du temps de travail et de limitation du temps de conduite, alors des arrêts importants sont indispensables en France. Cette contrainte ouvre la voie à un positionnement logistique pertinent pour des European Distribution Centers (EDC), des centres de maintenance pour le transport routier de marchandises, etc…

Dans un environnement complexe, où le prix de l'énergie devrait encore fluctuer fortement, le transport est au centre de la question du « coût ». Il joue donc sur la localisation des activités sur l'espace économique et donc sur l'emploi. Et si les coûts du transport progressent à terme, ce que beaucoup prédisent, alors nous pourrions observer plus de « proximité » : tout un programme !

Source: Zone Bourse

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